Bernard Lututala Mumpasi - Professor/researcher

Bernard Lututala Mumpasi - Professor/researcher

Discours Collation des Grades Académiques - Université Kongo, 2005

DISCOURS PRONONCE PAR LE RECTEUR DE L'UNIVERSITE KONGO, LE PROFESSEUR BERNARD LUTUTALA MUMPASI, A L'OCCASION DE LA COLLATION DES GRADES ACADEMIQUES 2004-2005

MBANZA-LUVAKA, LE 23 SEPTEMBRE 2005

 

Excellence Monsieur le Vice-Gouverneur chargé des questions économiques et de développement,

Excellence Monsieur le Secrétaire du Gouvernement,

Honorable Sénateur Président du Groupe Parlementaire Kongo,

Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil de Sécurité,

Messieurs les Présidents et Membres du Conseil d'Administration de l'Université Kongo,

Messieurs les Recteurs et Directeurs Généraux des Etablissements d'Enseignement Supérieur et Universitaire,

Madame et Messieurs les Membres du Comité de Gestion de l'Université de Kinshasa,

Messieurs les Doyens,

Messieurs les Professeurs et chers Collègues,

Très chers Etudiantes et Etudiants,

Distingués Invités,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

 

Comme il est de coutume en pareille circonstance, je me dois de commencer mon discours de circonstance de ce jour par vous remercier toutes et tous d'avoir répondu à notre invitation. Votre présence à cette cérémonie de collation des grades constitue pour nous la meilleure preuve de votre attachement à l'Université Kongo.

 

Nous saluons particulièrement les autorités politico-administratives qui sont venus se joindre à nous pour rehausser de leur présence la cérémonie de ce jour. Nous allons manifester notre joie et nos remerciements selon la formule des "makofi" nous enseignée par nos ancêtres (3 fois makofi).

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Le 22 juillet 1990, soit il y a exactement 15 ans, un groupe de fils et filles Ne-Kongo s'étaient réunis dans les locaux des Facultés Catholiques de Kinshasa pour signer l'acte fondateur de l'Université du Bas-Zaïre, devenue depuis le changement de l'appellation du nom de notre pays, Université Kongo. Ce fut l'aboutissement d'un processus qui avait duré une décennie. L'Université Kongo était ainsi née, suite à la volonté de digne fils et filles de notre province, et dont certains sont parmi nous aujourd'hui. Ce fut la première université privée communautaire de notre pays, créée dans un contexte plutôt hostile du Parti-Etat. Nos Pères fondateurs de l'UK avaient réussi là un coup de maître ; ils avaient pu convaincre l'autorité politique d'alors pour que l'enseignement supérieur et universitaire se dédouane du monopole de l'Etat, et que l'Université Kongo soit autorisée à fonctionner. Leur souci et leurs arguments étaient qu'il fallait une institution universitaire qui fasse le contrepoids et combatte les anti-valeurs qui commençaient à miner la crédibilité des universités et instituts publics. Depuis lors, plusieurs autres universités privées communautaires ont été créées à Kikwit, à Mbuji-Mayi, à Gbadolite, et j'en passe.

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Nous avons voulu organiser cette cérémonie de collation des grades académiques 2004-2005 à cette date du quinzième (15ème) anniversaire de notre université. C'est donc une journée de souvenirs, d'hommages et d'exhortation qui nous réunit. Nous devons en effet nous souvenir de la détermination de nos Pères fondateurs. Cette détermination mérite les hommages de nous tous qui bénéficions des services rendus par cette université : les étudiants et anciens finalistes pour la solide formation reçue, les parents qui se disent heureux d'avoir envoyé leurs enfants étudier dans cette université, et la société congolaise dans son ensemble qui bénéficie du savoir-faire doublé d'un savoir-être de nos anciens étudiants. La collation des grades académiques de ce jour est aussi une occasion d'exhortation. Car la question que nous devons tous nous poser est celle de savoir comment nous pouvons mieux rendre hommage à ceux et celles qui nous ont légué cette prestigieuse institution ?

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Il y a plusieurs festivités qui peuvent marquer les quinze (15) ans de notre université. Nous laissons le soin aux instances supérieures de les imaginer et de les organiser. En ce qui concerne le Comité de Gestion, nous avons estimé, à notre qualité de gestionnaires académiques, de marquer cet anniversaire par l'organisation de la plus importante cérémonie dans la vie de toute institution universitaire, à savoir la collation des grades académiques. Celle-ci est la meilleure preuve du bon fonctionnement de l'université. A l'Université Kongo, une cérémonie de collation des grades académiques démontre que nous avons réussi à mobiliser les Enseignants, que nos étudiants ont assimilé les matières qui leur ont été dispensées, que tous les paramètres de gestion ont été maîtrisées, et que, comme nous le dirons tout à l'heure, les prescriptions relatives à la collation  des grades académiques ont été rigoureusement respectées. Une telle cérémonie traduit aussi la foi qu'ont les parents, les étudiants, et les professeurs qui défilent chaque semaine à Mbanza-Ngungu et à Kisantu.

 

Le Comité de Gestion se réjouit par ailleurs d'organiser cette collation des grades sur son site de Mbanza-Luvaka pour la troisième (3ème) fois durant son mandat. A chacune de ces occasions, nous n'avons jamais cessé d'expliquer ce choix, qui paraît aux yeux de certains comme un entêtement. Ce site est le nôtre, et cet amphithéâtre en plein air traduit notre volonté de pérenniser cette université. Malgré la faiblesse des moyens, nous avons fait progresser les travaux et pouvons considérer que nous avons maintenant un lieu pour nos cérémonies de collation des grades et pourquoi pas d'autres cérémonies. Ce lieu, l'université le mettra aussi à la disposition des églises, des associations, des autorités politiques pour les rassemblements et autres manifestations. Il marque incontestablement le début de viabilisation de ce site. Nous souhaitions qu'un premier bâtiment y soit déjà érigé, et soit même inauguré à l'occasion de cette collation des grades académiques. Hélas, nous n'avons pas pu gagner ce pari par manque de moyens et d'appui financier.

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais à présent m'adresser aux heureux lauréats de ce jour. Vous êtes, chers finalistes, les témoins privilégiés des efforts titanesques de vos professeurs, doyens, et autorités académiques pour vous faire arriver à l'étape d'aujourd'hui. Vous-même avez consenti d'énormes sacrifices pour y arriver. Vous seriez dès lors tenté de considérer que vous avez fait l'essentiel pour votre vie. Que non ! En vous décernant ses diplômes, l'Université Kongo reconnaît vous avoir donné les connaissances et les valeurs nécessaires pour affronter maintenant la vie professionnelle, la vie tout court. C'est donc maintenant que commence un autre combat plus individuel. Puissiez-vous toujours faire honneur à votre université, et surtout ne jamais cracher sur elle, quelle que soit la laideur, sa pauvreté, ses problèmes. Vous en seriez maudits ! Rappelez-vous toujours cet adage : "la bouche du vieux sent mauvais, certes, mais les paroles qui en sortent une bénédiction". Ainsi donc, portez haut l'étendard de cette université. Et oeuvrez avec acharnement pour son développement. Vous en seriez alors bénis !

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Permettez-moi, pour terminer, de parler de mon implication dans la gestion de notre université. Depuis février 2002, j'avais accepté d'assumer les lourdes charges de Recteur de l'UK. Avec les autres membres du Comité de Gestion, nous avons constitué une équipe soudée et combattante pour tenter de redresser la situation très préoccupante de l'université. Pour des raisons que nous connaissons tous, à savoir ma nomination par le Chef de l'Etat comme Recteur de la gigantesque Université de Kinshasa, je ne puis accomplir les six (6) derniers mois de mon mandat, encore moins solliciter un deuxième (2ème) mandat tel que prévu dans les statuts qui régissent le fonctionnement de notre université. Juridiquement, il y aurait un conflit d'intérêts ; physiquement, il y a l'impossibilité d'assumer concomitamment les deux (2) charges. Moralement, je me souci de voir quelqu'un d'autre s'occuper chaque jour et dans les moindres détails du fonctionnement et du développement de l'université.

 

De ce qui précède, je suis dans l'obligation de remettre cette charge aux Professeurs et aux Notables du District des Cataractes qui m'avaient désigné pour la porter. Je voudrais, devant vous et à l'occasion de cette circonstance, les remercier pour la confiance qu'ils m'avaient faite. J'espère ne les avoir pas déçus. En tout cas, j'ai donné le meilleur de moi-même pour que cette université ne sombre pas durant notre mandat. Les motifs de découragement étaient pourtant là, nombreux.

 

Je remercie aussi les autres membres du Comité de Gestion pour la détermination, la complémentarité, et la compréhension mutuelle avec lesquelles nous avons géré notre université. Souffrez que je vous exhorte à poursuivre sur la même lancée pour que les six (6) mois qui restent à notre mandat ne viennent pas enterrer tout le travail immense que nous avons réalisé ensemble pour situer notre université au niveau où elle est actuellement.

 

Je ne peux m'empêcher de remercier aussi le corps scientifique permanent, le corps administratif et l'ensemble des professeurs qui se sont dévoués pour que l'université remonte la pente au cours de ces dernières années. Je dois bien sûr y associer les étudiants de cette université : leur fierté d'y appartenir, leur détermination à la voir grandir, leurs actions de lobbying en sa faveur, ... sont autant d'actions qui ont permis au Comité de Gestion de réaliser son programme d'actions.

 

Aux instances supérieures, à savoir le Conseil d'Administration et le Pouvoir Organisateur, mais aussi et surtout l'Exécutif Provincial, je tiens à les supplier pour qu'ils se ressaisissent et assument pleinement leur responsabilité vis-à-vis de cette université. Nous sommes entrain d'amorcer, une fois de plus, un nouveau tournant. Les membres du Comité de Gestion ne sauront pas l'assumer seuls. Leurs pouvoirs sont limités et ils n'ont pas les moyens nécessaires. Il nous appartient donc à nous tous, propriétaires de cette université, d'avoir ce sursaut d'orgueil qui va permettre la survie, puis le développement de notre université. Mais jamais un peuple ne s'est assumé seul. C'est pourquoi, il faut que le Conseil d'Administration, le Pouvoir Organisateur, l'Exécutif Provincial nous mobilisent, nous y incitent, nous y obligent même. Nous aurons ainsi rendu hommage aux Pères fondateurs et à l'ensemble du Peuple Kongo.

 

Je vous remercie.

 

 

Professeur Bernard LUTUTALA MUMPASI

Recteur de l'Université Kongo

 



21/08/2013
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